Au Sénégal, l’AIRF outille les Départements pour développer l’accès aux énergies renouvelables
Du 05 au 09 octobre, le Département de Kaolack a accueilli la 4ᵉ mission technique du programme T2EF de l’AIRF, consacrée aux projets d’accès à l’énergie rurale, de leur conception à leur financement.
Catégorie : Projet T2EF
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Dans le cadre du programme Transition écologique dans l’espace francophone (T2EF), cofinancé par l’Agence de la transition écologique (ADEME), l’Association Internationale des Régions Francophones (AIRF) a organisé, en partenariat avec l’Association des Départements du Sénégal (ADS), le Conseil départemental de Kaolack et l’ONG ENERGIES 2050, une semaine de formation-action consacrée aux énergies renouvelables.
L’objectif : donner aux collectivités territoriales des méthodes et des outils pour transformer les besoins de leurs territoires en projets concrets, adaptés aux usages locaux et susceptibles de mobiliser des financements.
Partir des besoins du territoire pour construire des projets utiles
Comment faire de l’accès à l’énergie un levier de développement économique local ? C’est la question qui a guidé les travaux de la semaine.
Les échanges ont rappelé un principe essentiel : un projet énergétique ne se résume pas au choix d’une technologie ou à l’installation d’un équipement. Il doit répondre à un besoin identifié, soutenir une activité et prévoir les conditions de son exploitation et de sa maintenance dans la durée.
Pour les Départements, l’enjeu est notamment de relier l’accès à l’électricité aux compétences qu’ils exercent et aux activités économiques de leurs territoires : transformation agricole, artisanat, maraîchage, conservation des produits ou encore accès à l’eau.
Un important panel d’intervenants avec fut mobilisé avec le concours de l’Association des Départements du Sénégal le 1er jour en réunissant la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE), la SENELEC, l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et le ministère chargé de l’Énergie autour d’une table-ronde qui a permis de préciser le rôle des collectivités et les modalités d’articulation avec les acteurs institutionnels et techniques du secteur.
Une formation-action ancrée dans les réalités locales
Le regroupement a alterné apports méthodologiques, témoignages de terrain, échanges avec des professionnels et visites techniques.
À Kaolack, les participants ont étudié le projet « Artisans Solaire », développé autour de l’accès à des équipements solaires adaptés aux besoins des artisans. Avec la Chambre des métiers et l’appui méthodologique de la Fondation Énergies pour le Monde (FONDEM), ils ont également visité plusieurs entreprises artisanales afin d’expérimenter le diagnostic des besoins énergétiques, des usages et de la viabilité économique des solutions envisagées.
Cette mise en pratique a permis d’illustrer une étape déterminante dans la conception d’un projet : comprendre l’activité et les contraintes de ses bénéficiaires avant de dimensionner une installation.
Les visites se sont poursuivies à Gandiaye, autour d’une unité de potabilisation de l’eau par dessalement solaire, puis dans les îles du Saloum, où les participants ont découvert des centrales solaires et échangé sur les réalités de l’exploitation des mini-réseaux en milieu insulaire.
Ces expériences ont mis en évidence plusieurs conditions de pérennité : une organisation adaptée des acteurs, une tarification soutenable, une maintenance de proximité et un modèle économique cohérent avec les usages.
Financement, partenariats et pérennité : des conditions à anticiper dès la conception
La structuration financière des projets a constitué un autre axe majeur du regroupement.
Avec les contributions du Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP), de SUNU BANK et du programme ENDEV de la GIZ, les participants ont abordé les critères d’accès au crédit, les mécanismes de garantie et les conditions nécessaires pour sécuriser les investissements.
Les échanges ont notamment souligné l’importance de disposer d’un diagnostic socio-économique solide, d’identifier les activités créatrices de valeur et de définir en amont les responsabilités de chaque acteur, du financement à la maintenance.
L’enjeu pour les collectivités est ainsi de passer d’une expression de besoins à des projets suffisamment structurés pour dialoguer avec les opérateurs, les partenaires techniques et les financeurs.
Des collectivités qui identifient leurs prochaines étapes
La dernière journée a permis aux participants de mettre en perspective les enseignements du regroupement avec les projets et priorités de leurs territoires.
Parmi les pistes présentées figurent le développement de périmètres maraîchers et d’écoles solaires, la solarisation de bâtiments publics et de collèges, ou encore la valorisation du potentiel de la biomasse pour les activités agricoles… Ces perspectives constituent des premières étapes de travail. Elles devront être approfondies par les collectivités, notamment à travers des diagnostics territoriaux, la définition des besoins prioritaires et la structuration des projets.
Capitaliser les expériences pour renforcer l’action des collectivités francophones
Les supports méthodologiques, présentations et outils mobilisés pendant la mission constituent une boîte à outils opérationnelle destinée à accompagner la réflexion et la préparation de futurs projets territoriaux.
Cette dynamique s’inscrit dans une ambition plus large : favoriser la circulation des savoir-faire au sein de l’espace francophone et permettre aux collectivités de mieux concevoir, porter et mettre en œuvre leurs projets de transition écologique, au plus près des besoins de leurs populations.
L’AIRF remercie l’Association des Départements du Sénégal, le Conseil départemental de Kaolack, l’ONG ENERGIES 2050 et l’ensemble des intervenants et partenaires mobilisés pour leur contribution à cette mission.
