Atelier consacré à la Gestion intégrée de la ressource en eau (GIRE) dans les régions francophones – à Abidjan

Le 17 juin 2026, l'AIRF a organisé un atelier soutenu par l'Agence de l'Eau Adour-Garonne et co-animé par l'association Corail Développement.

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Le 17 juin 2026, dans le cadre de son Assemblée générale et de la Rencontre économique francophone organisées à Abidjan, l'AIRF a proposé un atelier consacré à la Gestion intégrée de la ressource en eau (GIRE), avec le soutien de l'Agence de l'Eau Adour-Garonne (AEAG) et l'appui technique de l'association Corail Développement.

Cette initiative s'inscrivait dans un parcours thématique plus large consacré à l'eau et au climat, conçu par l'AIRF pour favoriser les échanges entre collectivités territoriales francophones confrontées à des défis hydrologiques, climatiques et institutionnels très différents. Elle s'inscrit également dans le prolongement des travaux engagés en Mauritanie en janvier 2026 autour de la mise en œuvre de démarches territoriales de GIRE.

À travers cet accompagnement, l'Agence de l'Eau Adour-Garonne a souhaité soutenir la diffusion des principes de gestion intégrée de la ressource en eau dans l'espace francophone, conformément à ses actions de solidarité et de coopération internationales, en favorisant le partage d'expériences entre territoires et l'émergence de coopérations opérationnelles.

Des expériences venues de Mauritanie, de Côte d'Ivoire et du Maroc

La séance a été ouverte et animée par Alain Tidière, Président de l’association Corail Développement (France), qui a cadré la thématique GIRE dans le contexte de l'Agenda 2030 et des ODD, rappelé les enjeux liés à la pression sur la ressource en eau et les 5 principes de la GIRE. L'atelier a accordé une place particulière aux régions mauritaniennes membres de l'AIRF (l'Adrar, le Guidimakha et le Tagant) en lien avec le Centre national des Ressources en eau (CNRE) de Mauritanie. Le programme a été riche de partages d'expériences :

  • Konan Jacques Assahoré, Ministre des Eaux et Forêts, Président de la Région du Gbêkê (Côte d'Ivoire)

Mise en œuvre de la GIRE et application du Code de l'Eau, avec un focus sur la dynamique engagée sur le Haut Bandama, son organisation, son avancement et ses premiers résultats.

  • Naji El Mamy, Représentant du Centre national des ressources en eau (Mauritanie)

Réflexion sur l'échelle territoriale adaptée pour la gestion de l'eau et sur l'articulation entre les niveaux de compétence : production et analyse des données, concertation, planification et financement.

  • Issa Coulibaly, Président de la Région du Guidimakha (Mauritanie)

Approche de la concertation territoriale et des modalités de gouvernance, autour du principe du « bottom-up » et de son organisation opérationnelle.

  • El Aalia El Hmani et Mohamed Almi, 4ème Vice-présidente et Vice-président de la Région de Laâyoune-Sakia El Hamra ; M. Almi également membre du bureau exécutif de l'Agence du Bassin Hydraulique des régions du Sud (Maroc)

Approche de la planification de la ressource en eau et des outils permettant d'inscrire la gestion dans une vision structurée à moyen et long terme.

  • Mohamed Cherif, Président de la Région de l'Adrar (Mauritanie)

Enjeux de court terme : sobriété, économies d'eau, gestion des conflits d'usage et question des échelles pertinentes de décision.

Les échanges avec la salle, animés par Alain Tidière, ont permis des contributions d'entreprises illustrant des solutions opérationnelles. Les participants ont ensuite été invités à prolonger les discussions lors d'un temps de réseautage informel.

Des enseignements convergents malgré la diversité des contextes

Les échanges ont mis en évidence une convergence remarquable entre les expériences présentées, malgré des réalités climatiques et institutionnelles très différentes entre la Côte d'Ivoire, le Maroc et la Mauritanie.

Plusieurs enseignements majeurs se dégagent :

  • La GIRE apparaît aujourd'hui comme un levier essentiel de résilience face aux changements climatiques, mais aussi comme un outil de développement économique et humain des territoires ;
  • La réussite des démarches repose sur une articulation claire entre les échelons locaux, régionaux et nationaux, chacun exerçant des responsabilités complémentaires ;
  • Les territoires engagés dans cette démarche privilégient souvent une phase pilote permettant d'adapter les méthodes au contexte local avant toute généralisation ;
  • La connaissance de la ressource en eau, des usages et des pressions exercées sur celle-ci constitue un préalable indispensable, nécessitant des investissements durables en données, en expertise et en moyens humains ;
  • Les participants ont également souligné l'importance des politiques de sobriété et d'économie d'eau, qui doivent accompagner toute réflexion sur la mobilisation de nouvelles ressources ;
  • Enfin, tous ont insisté sur l'intérêt du dialogue entre territoires francophones, qui permet d'identifier des solutions concrètes à des difficultés souvent partagées.

Jeudi 18 juin – Prolongement par des visites de terrain

L'atelier du 17 juin constituait la première étape d'un parcours consacré à la GIRE. Celui-ci s'est poursuivi le lendemain avec un choix de deux circuits de visites de terrain proposés aux collectivités membres de l'AIRF.

Au-delà de la découverte de projets emblématiques du territoire ivoirien, ces visites avaient pour objectif d'illustrer concrètement les liens entre gouvernance territoriale, préservation des ressources naturelles, développement économique et aménagement durable, au cœur des principes de la gestion intégrée de la ressource en eau.

Circuit A – District d'Abidjan

  • Marché de gros et semi-gros de Yopougon : développement économique local, cofinancé par l'AFD
  • Forêt primaire du Banco : biodiversité et Gestion intégrée de la Ressource en Eau
  • Parc d'Akouédo : aménagement urbain, restauration et dépollution, projet du District autonome d'Abidjan

Circuit B – Région des Grands-Ponts

  • Centre de formation aux métiers de la pêche : projet porté par la Région des Grands-Ponts
  • Érosion côtière : projet cofinancé par la Banque mondiale
  • Biodiversité : parc naturel régional

Ces visites ont offert aux participants une mise en perspective directe des enjeux abordés lors de l'atelier GIRE, en donnant à voir comment des territoires francophones gèrent concrètement leurs ressources naturelles, leur développement économique et leur aménagement durable.

Une dynamique francophone au service de la gestion durable de l'eau

Cet atelier et les visites de terrain qui l'ont prolongé ont confirmé l'intérêt croissant des collectivités territoriales francophones pour les démarches de gestion intégrée de la ressource en eau.

 

Ils ont également montré que, malgré la diversité des contextes climatiques, hydrologiques et institutionnels, les territoires partagent des préoccupations communes : améliorer la connaissance de la ressource, renforcer la concertation entre acteurs, clarifier les responsabilités entre niveaux de gouvernance et promouvoir une utilisation plus sobre et plus durable de l'eau.

 

En favorisant le dialogue entre élus, institutions, experts, agences de l'eau et partenaires techniques, l'AIRF poursuit ainsi sa mission de diffusion des bonnes pratiques et de mise en réseau des territoires francophones. L'atelier GIRE d'Abidjan constitue une nouvelle étape de cette dynamique collective, appelée à nourrir les futurs travaux de la Commission « Environnement, Eau, Énergie, Air, Climat » de l'AIRF et les coopérations entre ses membres.

 

Un grand merci à l'ensemble des intervenants, participants et partenaires mobilisés, et tout particulièrement à l'Agence de l'Eau Adour-Garonne pour son soutien à cette initiative francophone en faveur d'une gestion durable de l'eau.